Faut il encore développer le nombre des grandes surfaces ?

La réponse du gouvernement est oui ; Et il le fait dans le cadre de la loi dite de « Modernisation de l’Economie » (LME) qui a pour but de faire jouer la concurrence afin de faire baisser les prix et donc de redonner du pouvoir d’achat aux français. Depuis 1996, la « Loi Raffarin » impose l’obtention d’une autorisation pour toute ouverture d’une grande surface de plus de 300 mètres carrés. Sans aller jusqu’à sa suppression, le projet de loi présenté par Christine Lagarde prévoit l’aménagement de la « Loi Raffarin » sur l’implantation commerciale, avec un relèvement de 300 mètres carrés à 1000 m2 du seuil de déclenchement de la procédure d’autorisation.
Proposition alléchante mais simpliste qui est l’application d’une politique gouvernementale de plus en plus « libérale », une politique du « laisser faire », qui est le signe de l’impuissance du gouvernement ou bien de l’application d’une idéologie majoritaire au sein du parti au pouvoir.
La réponse est probablement dans ces deux affirmations.
Lorsque l’on regarde l’évolution de notre économie dans les dernières décennies, on peut constater qu’après avoir reposé sur une France agricole, l’économie s’est développée sur une France industrielle Le problème aujourd’hui, c’est que la France n’est plus ni l’une ni l’autre. Nous possédons une économie agricole qui tient grâce aux subventions européennes, et une politique économique qui conduit à la désindustrialisation de notre économie.
Ce projet de loi, en plus d’être démagogique, est très improprement appelé « projet de modernisation de l’économie » car il vient encore davantage fragiliser les bases de notre économie. En favorisant la primauté du commerce sur l’industrie, le gouvernement et le Parlement commettent une grave erreur.
Une grave erreur car notre pays compte déjà le plus grand nombre de m2 de surface commerciale par habitant. Et l’agglomération troyenne est elle aussi très bien pourvue.
Une grave erreur, car cette loi favorisera le développement des « hard discount » qui pour vendre toujours moins cher iront acheter leur produit en Chine par exemple. Cela va conduire à la diminution de la production en France et à l’aggravation du déficit de notre balance commerciale.
Une grave erreur car dans ces magasins, il y a très peu de salariés par rapport à la surface occupée. Donc il n’y a pas d’influence sur la résorption du chômage.
Une grave erreur car l’on sait aussi que les employés de ces magasins ont les salaires les plus bas.
Quel sera l’avenir pour nos commerces de proximité dont on connait aussi l’importance pour le tissu social de nos villes et de nos villages ?
En quoi ce projet de loi va-t-il moderniser notre économie ? En quoi va-t-il être efficace économiquement et socialement sur le long terme ?
Malheureusement sur ces deux points la réponse sera négative. A la vraie question du pouvoir d’achat des français, nos dirigeants apportent les plus mauvaises réponses car ces réponses sont idéologiques avant d’être économiques et sociales.
Avec ce projet de loi, le gouvernement a fait clairement le choix du « laisser faire » alors que l’on sait bien que par nature ce système de libéralisation n’est pas vertueux et qu’il a besoin de régulation.
Pascal Landréat
Président du Mouvement Démocrate Aube