François Bayrou : «La majorité ne défend aucun projet social»

Publié le par Soutien citoyen au Mouvement Démocrate (site non officiel)

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François Bayrou : «La majorité ne défend aucun projet social»



À la veille du congrès fondateur du Mouvement démocrate, son président François Bayrou réaffirme sa volonté de créer un parti indépendant et réitère ses critiques contre le gouvernement

ENTRETIEN
François Bayrou, député, président de l’UDF-Mouvement démocrate

La Croix : Que restera-t-il de l’UDF au sein du Mouvement démocrate ?

FRANÇOIS BAYROU : L’UDF a décidé de créer le Mouvement démocrate. Ses adhérents en seront membres et son organisation en fournira la colonne vertébrale. Mais il y a bien entendu une différence de fond entre les deux partis. Dans son histoire, l’UDF n’a regardé que vers la droite. Or le centre ne peut pas être le centre s’il ne regarde que d’un seul côté. Vouloir le centre, c’est forcément le vouloir autonome, indépendant, capable de regarder comme des partenaires les grandes forces démocratiques du pays, qu’elles soient à sa droite ou à sa gauche.

Quelle est la différence entre le MoDem et le Nouveau Centre ?

Le Nouveau Centre s’est rallié purement et simplement à la majorité de Nicolas Sarkozy sans y exercer aucune influence. Or tous ceux qui abandonnent leurs convictions pour rallier le pouvoir abandonnent en fait leur raison d’être et finissent par disparaître.

Qu’est-ce qui vous différencie, au fond, de Nicolas Sarkozy ?

Le projet de société. Aujourd’hui, dans la mondialisation, il y a un modèle qui domine tous les autres. Celui d’une société dans laquelle les inégalités augmentent fortement plutôt que de reculer. C’est très impressionnant : pendant les 150 dernières années, nous vivions tous, en Occident, avec l’idée que le progrès allait faire peu à peu reculer les inégalités. Et grosso modo, c’est bien ce qui se produisait.

Or depuis quelques années, c’est le mouvement inverse qui est reparti. Un courant de pensée dominant accepte et justifie les inégalités et se satisfait de leur croissance. Disons que ce courant de pensée est celui de l’Amérique de Bush, des néoconservateurs. C’est cela que Nicolas Sarkozy admire. Et, pour moi, ce n’est pas la vocation de la France. Ni le gaullisme, ni la démocratie chrétienne, ni la social-démocratie ne devraient l’accepter.

Et qu’est-ce qui vous différencie du PS ?

Le Parti socialiste en est encore à croire, ou à laisser croire, que pour résoudre les problèmes de la société, il n’existe qu’un recours : l’État. Or cette réponse n’est plus valide. L’État centralisé est épuisé, sans moyens et, au fond, devenu impuissant. Il arrive même souvent que l’État, bureaucratique, soit paralysant. Il faut donc redéfinir le rôle de l’État.

La méthode Sarkozy sur la réforme des retraites est-elle, selon vous, un succès ?

On n’a fait qu’un petit bout du chemin. La réforme des régimes spéciaux est nécessaire, pas seulement pour des raisons comptables, mais pour des raisons d’équité. Beaucoup de Français ressentaient comme une injustice l’inégalité devant la durée de cotisations. Et il est vrai en même temps que ce régime de retraites était un élément du contrat de travail.

C’est pourquoi j’aurais préféré une réforme globale qui prenne en compte tous les régimes de retraite, sous l’angle de la pénibilité du travail, et une réforme générale fondée sur une retraite par points avec de vrais droits garantis. Aujourd’hui, on vend aux travailleurs de faux droits : leur retraite n’est nullement garantie et nous aurons des rendez-vous douloureux.

Les grèves donnent-elles raison à ceux qui pensent que ces réformes sont quasi impossibles ?

Les réformes ne sont absolument pas impossibles. Mais commencer, avec le paquet fiscal, par accroître les privilèges de ceux qui avaient déjà beaucoup, cela rend les choses évidemment plus difficiles. Car la condition de la réforme c’est la justice. « Réformer », aujourd’hui, cela veut trop souvent dire abandonner purement et simplement les conquêtes sociales.

Pour moi, au contraire, réformer c’est répondre à deux questions. Comment libérer les énergies françaises ? Comment faire progresser la justice ? Pour l’instant, cette seconde question n’obtient pas de réponse : aucun projet social n’est défendu et la réforme en est déséquilibrée.

Que pensez-vous des mesures du gouvernement en faveur du pouvoir d’achat ?

On peut trouver des mesures techniques, mais au fond le pouvoir d’achat ne se décrète pas. Il est le résultat de la santé économique du pays. C’est toujours une erreur de faire des promesses électorales intenables. Cela contribue à la démoralisation du pays. On dira que le cynisme fait gagner des voix ! Mais, après, les déceptions sont terribles. Il y a longtemps que j’ai choisi, en ce qui me concerne, de rejeter les promesses intenables et de dire la vérité à mon pays.

La manière dont Nicolas Sarkozy exerce la fonction présidentielle est-elle conforme à votre conception de la présidence de la République ?

Pour moi, le président de la République doit être à la fois inspirateur et arbitre. C’est toute l’histoire de nos institutions. Il ne doit pas concentrer tous les pouvoirs. Il ne doit pas être le chef d’un clan. Quand il participe au bureau politique de son parti, il n’est pas le président de tous les Français.
Recueilli par Laurent de BOISSIEU et Solenn de ROYER -  Journal LA CROIX
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Publié dans Dans les média

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M
Merci d'accueillir cette petite information de dernière heure..<br /> <br /> STATUTS DU MODEM : <br /> <br /> Le 2 décembre, lors du congrès fondateur de Villepinte, le Mouvement Démocrate adoptera ses statuts définitifs. <br /> <br /> Ce qui nous rassemble :<br /> Les mêmes valeurs et les mêmes aspirations démocrates, humanistes et équitables.<br /> <br /> Ce qui nous unit :<br /> Les mêmes objectifs fondamentaux : Equilibre des pouvoirs et des contre-pouvoirs, respect des adhérents, autonomie locale.<br /> <br /> Pour que demain le Mouvement démocrate fasse réellement de la « politique autrement »<br /> comme le propose François Bayrou,<br /> <br /> le groupement « Démocrates en mouvement », en contact avec plus de 1000 personnes, <br /> vous invite à lire et soutenir ses propositions d'amendement <br /> <br /> disponibles jusqu'à ce soir 23h00<br /> <br /> sur www.dmouv.org<br /> ou sur http://democratesmouvement.free.fr
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P
Vous avez raison François mais aujourd'hui on n'a pas trop le moral. Ce que vient de faire Cavada est à mon avis bien pire que ce qu'on nous avait fait jusqu'à présent. Prendre des coup de poignard c'est dur, mais en prendre un dans le dos par son principal amis quand on est déjà blessé c'est gravissime.<br /> <br /> La démonstration est faite. Quand bien même nous ne voulons pas nous positionner à droite ou à gauche, quand bien même nous ne voulons pas nous marier, il va bien falloir dire un jour avec qui nous ne pourrons plus jamais travailler. Ce que cherche à nous faire l’UMP n’est plus tolérable. Cette formation dominée par un Sarkozy qui veut notre mort ne peut plus être notre alliée et il va falloir le dire.
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