Yann Wehrling présente l’Europe durable de demain

Dans le cadre des élections européennes, Yann Werhling, numéro trois de la liste MoDem dans le Grand-Est était à Pont-Sainte-Marie.
L’écologiste, auteur de la France à l’en-Vert, connaît parfaitement son sujet. Il ne s’agissait pas, ici, de faire le énième procès des banquiers, du capitalisme ou de l’économie de marché mondialisée. Pas question non plus de se satisfaire du piètre spectacle offert par Sarkozy ou Rachida Dati. Non. Ce dont il était question, vendredi soir dans la commune de Pascal Landréat, c’était l’Europe de demain : celle qu’il nous faut construire pour répondre aux grandes crises qui nous menacent.
Yann Wehrling a d’abord rappelé l’importance de l’Europe. Mal aimée, l’institution européenne fait souvent office de bouc-émissaire pour des politiques incapables d’assumer leurs responsabilités. En témoignent les déclarations des responsables français sur les quotas de pêche. Pourtant, l’Europe, et particulièrement dans le domaine de l’environnement a fait la preuve de son efficacité : qualité de l’eau, protection des espaces naturels, directives sur les produits toxiques…
Selon Yann Wehrling, pour sortir de cette crise, il nous faut donc anticiper ce que sera le Monde et l’Europe de demain. L’une des grandes erreurs de l’Europe et de la France est ainsi d’avoir aidé les banques et les industries sans aucune contrepartie. Bien évidemment, ces mesures ont créé un fort sentiment d’injustice chez les salariés, chez tous ceux qui subissent avec violence la crise économique. Sans démagogie, Yann Wehrling a cependant expliqué que l’aide aux banques était nécessaire. Nécessaire pour empêcher le système économique de s’effondrer tout entier ; mais pas suffisante. Il était en effet indispensable de conditionner ces aides à des prises de participation de l’Etat, voire des nationalisations pour créer les conditions d’une économie européenne régulée.
Que dire des aides offertes à l’industrie et particulièrement aux constructeurs automobiles ? Là encore, Yann Wehrling a réclamé un autre modèle consistant à soutenir d’abord les industries de demain ; celles qui font le pari du développement durable et de l’écologie. L’Europe prend ainsi un retard important dans la mise au point du véhicule « propre ». N’est-il pas alors urgent d’aider ceux qui veulent développer les nouveaux moteurs écologiques ?
Mais pour répondre à ces défis, l’Europe a besoin de moyens supplémentaires. Pour Yann Wehrling, l’UE doit mettre en place un emprunt à l’échelle du continent. Une telle mesure permettrait à la fois de pallier à la défaillance actuelle du secteur bancaire tout en offrant de nouvelles perspectives pour financer les secteurs d’avenir. L’emprunt européen servirait à financer des grands travaux (notamment dans les infrastructures ferroviaires). Il servirait également à soutenir les secteurs clefs de l’Europe durable : Industries des économies d’énergie, industries des énergies renouvelables…
Yann Wehrling n’a pas oublié l’agriculture : premier budget de l’Europe, secteur clef de l’économie auboise, le modèle agricole européen doit être réformé. Depuis longtemps, l’objectif des pères fondateurs de la PAC [2] est atteint. L’Europe assure largement son auto-suffisance. Mais incapable de se réformer, de redéfinir un but commun et cohérent, la PAC a enfanté d’un monstre où les crises (sur-production, sanitaires, environnementales) succèdent aux crises ; où les subventions sont mal réparties et condamnent, en partie, le développement de l’agriculture des pays en voie de développement.
Évoquant également les institutions, Yann Wehrling a ré-affirmer l’engagement européen du MoDem. Face aux difficultés pour faire fonctionner les institutions actuelles, Yann Wehrling a plaidé pour une constitution européenne de quelques pages, votée par référendum à l’échelle de l’Europe. Il a aussi réclamé l’abandon du droit de veto et la généralisation des votes à la majorité au sein du conseil européen.
Soirée dense, riche, où le numéro 3 de la liste MoDem du Grand-Est a balayé les grands dossiers européens sans jamais tomber dans la triste politique "politicienne". Voilà de quoi redonner confiance à ceux qui croient encore au projet européen.
Pascal Houplon