J-F Kahn : « La politique ne peut pas être une affaire de professionnels »

Publié le par Site du Mouvement Démocrate de l'Aube



Cofondateur de Marianne, l'ancien journaliste, et nouvel homme politique sera demain soir à Pont Sainte Marie pour une conférence débat sur la crise...

 

Vous êtes tête de liste du MoDem pour la région Grand Est sans être adhérent à ce parti Pourquoi ?

Parce que l'occasion ne s'est jamais présentée. On ne me l'a jamais demandé. Je mène un combat depuis une trentaine d'années pour proposer une autre voie, une autre approche pour construire une société différente. Les événements m'ont donné raison pour le coup. On a eu une société qui s'est identifiée à l'argent et cette société est entrain de faire faillite. Il y a la nécessité de penser hors des clivages et des vieux discours pour placer l'homme au centre de la société. Il nous faut une révolution humaniste.


Les élections européennes ne déplacent pas les foules. Vous avez un argument pour les faire venir aux urnes ?

Cette élection européenne n'est pas comme les autres. En septembre, il y a eu l'explosion de cette crise et par certains aspects elle est plus grave que celle de 1929 parce que c'est tout un système moral qui s'effondre. C'est la première élection où les gens pourront s'exprimer sur cette crise.


 En terme de résultat, vous vous êtes fixé un objectif ?

Entendons-nous bien c'est un objectif et pas une prévision. Mon objectif c'est d'arriver en tête en se disant nous avons eu raison. Je vais à cette élection pour mener un combat. Il faut commencer par virer Barroso.


Tout le monde voit bien que le capitalisme est un modèle qui s'effondre Après les élections européennes vous avez d'autres objectifs politiques ?

Non. Pour moi, il faut se battre au parlement européen. Cette élection peut être un moment de prise de conscience à un moment où il y a un vrai risque de remontée des tendances fascisantes ou staliniennes.Si on n'est pas capable de construire une alternative, alors je dis attention danger.


Passer du journalisme engagé à l'engagement politique de terrain en quoi est-ce différent ?

Il n'y en a pas. C'est une continuité. Clémenceau était directeur de journal et homme politique, Jaurès a fondé l'Humanité et était un homme politique, Victor Hugo et Lamartine étaient des hommes de lettres mais aussi des hommes politiques. La politique ne peut être une affaire de professionnels et de spécialistes. Tous les représentants des forces vives doivent s'investir dans la politique.

Quelles sont encore vos attaches avec Mussy-sur-Seine ?

J'habite près d'Avalllon mais le berceau familial est à Mussy-sur-Seine. A Mussy il y a une promenade, à un bout de la promenade il y avait ma famille maternelle et à l'autre bout ma famille paternelle. Mon père et ma mère se sont rencontrés au milieu de la promenade. Mon frère Axel habite à Mussy et mon frère Olivier, est enterré à Mussy-sur-Seine. J'ai la possibilité d'avoir une place dans le caveau je serai donc enterré avec lui à Mussy-sur-Seine.


Demain soir vous allez tenir votre conférence sur le thème de la crise quelles en seront les grandes lignes
?

L'idée que j'avais est d'être utile aux gens. Ils sont confrontés à cette crise et on veut leur apporter des réflexions, des informations, c'est une démarche civique. À Pont-Sainte-Marie je voudrai développer la réflexion sur la possibilité d'une autre société.


Le jour de votre venue, une manifestation qui est l'expression angoissée d'une crise aura lieu
.Y participerez-vous ?

Je ne veux pas politiser une manifestation syndicale. Mais si je suis à Troyes je vais y jeter un coup d'œil. J'irai sur le parcours voir la manifestation en tant que citoyen pour rencontrer les gens écouter ce qu'ils disent, entendre leur slogan, parler avec eux. C'est aussi ça qui nourrit ma réflexion. D'autant que ma réflexion porte sur la crise et vers quel type de société il faut aller.


La presse écrite elle aussi est en crise. Pour elle avez- vous des propositions ?

C'est une des raisons pour laquelle j'ai cessé le journalisme parce qu'il faut tout changer : rétablir le pluralisme et l'indépendance des médias. La presse doit se remettre en cause dans son organisation, ses structures, son système très féodal. Je pense qu'on ne peut plus employer tout à fait les mêmes mots ou les mêmes phrases. Il y a des générations qui ne nous comprennent plus. Sur cette réflexion, j'avais l'impression que je n'arrivais pas à convaincre la majorité de mes confrères.

 

Pratique

Conférence suivie d'un débat avec Jean-François Kahn « La crise : comment s'en sortir ? » jeudi 19 mars à 19h, salle des fêtes de

Pont-Sainte-Marie


Propos recueillis par Catherine Hounau

 

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Article paru le : 18 mars 2009

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Publié dans Dans les média

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