Mais où est donc passé Jean-François Kahn ?

Publié le par Site du Mouvement Démocrate de l'Aube



Ni à droite, ni à gauche… ni au milieu. Mais où est donc passé Jean-François Kahn ?

Il est bien candidat et tête de liste pour la région Grand Est aux Européennes sous la bannière du MoDem, sans toutefois être encarté. On ne lui a jamais demandé explique-t-il (Libé du 18 mars). Une candidature en forme d'auto proclamation où les états majors ont été placés devant le fait accompli selon le dernier numéro du Nouvel Obs. À l'hebdomadaire, il avoue qu'il ignorait la présence sur cette région de deux députés sortants.

Électron libre d'une race de journaliste en voie de disparition, Jean-François Khan est devenu l'électron libre de la politique. Le MoDem qui prône sa liberté politique et met en avant l'hétérogénéité des courants dont sont issus ses adhérents ne pouvait être mieux servi.

Une chose est sûre, Jean François Kahn était jeudi soir à la salle des fêtes de Pont-Sainte-Marie où il a fait salle comble. Avec un public de 200 personnes, le MoDem Aube peut pavoiser, il fait aussi bien que Benoît Hamon et son banquet républicain il y a quinze jours à la Chapelle-Saint-Luc. À la différence sans doute que le premier à fait aussi venir sur son nom ceux qui ont de l'intérêt et de la sympathie pour l'homme. Le second a, lui, rassemblé des militants.

Le passage du journaliste à l'homme politique n'est pas simple. Mais Jean-François Kahn s'y emploie avec bonne volonté, passant du « je » de l'homme de conscience au « nous » de la formation politique. Il évoque son passage, l'après-midi, même à Troyes, sur le parcours de la manifestation moins pour faire campagne que pour « voir ». « J'ai eu l'impression que le cortège était encore retenu, une espèce de colère froide. En revanche, on sent une sorte de rage, de dégoût, de rejet face à ce que les gens apprennent » confie-t-il à un auditoire venu l'entendre tenir une conférence sur la crise.

Une conférence à la Jean-François Kahn, une mise en bouche de la campagne à venir dirait Pascal Landréat, le président du MoDem qui l'accueillait dans sa ville. Brillant dans sa vision de la crise, Jean-françois Kahn l'a été sans surprise, évoquant le spectre des extrémismes prompts à remplir le vide, la faillite d'un modèle collectiviste et celle d'un ultralibéralisme dupé par une « économie virtuelle ».

La conférence devait expliquer comment s'en sortir. Le public, sur le chapitre, est resté sur sa faim. Les quelques questions qui ont pu être posées en ont témoigné. Jean-François Kahn répond tel un funambule, en équilibre sur son fil « Ce n'est pas que nous nous positionnons au centre. La vérité n'est jamais au milieu. Il faut pouvoir être ici ou là, imaginer autre chose ».

Autre chose, c'est faire tourner le monde autour de l'Homme, une « révolution humaniste » dit-il. En matière d'humanisme, avec sa curiosité viscérale, son respect de l'autre et son sens de l'écoute, Jean-François Kahn en est sans doute l'un de ses plus beaux fleurons.

Catherine HOUNAU
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Libération Champagne 21 mars 2009

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Publié dans Dans l'Aube

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