COMPRENDRE LE MOYEN ORIENT (1)

Publié le par Site du Mouvement Démocrate de l'Aube

« Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur » (Winston Churchill)

D’une manière générale, il convient de rappeler que le Moyen Orient, c’est 40% des réserves pétrolières de la planète et un carrefour entre les grandes mers chaudes du continent : méditerranée, mer noire, Océan indien. C’est aussi le lieu de naissance des trois grandes religions monothéistes : Judaïsme, Christianisme et Islam.

C’est un lieu chargé d’histoire et d’affrontements. De multiples évènements comme l’effondrement de la domination romaine, la conquête musulmane, les croisades s’imposent à notre regard. Ainsi la zone méditerranéenne, dont le Moyen Orient, présente une succession de tumultueuses périodes historiques jalonnant aussi l’histoire européenne. Toutefois, le Moyen Orient trouvera une période de calme lorsque l’Empire Ottoman, au fait de sa puissance, réussit à imposer sa domination et l’ordre dans la région. Cependant l’Empire Ottoman s’effondre au XIXème siècle, c’est la fameuse question d’Orient avec ses conséquences dans les Balkans. Celles-ci étant liées au déclenchement de la Grande Guerre. En 1918, les alliés mettent fin à la domination ottomane pour la remplacer par « l’impérialisme des Mandats en Syrie, Liban et Palestine ».

L’après seconde guerre mondiale est marquée par la fin de l’impérialisme européen. Les Italiens sont chassés de Lybie, les Français quittent la Syrie et le Liban. Le Royaume Uni doit renoncer à l’Irak, l’Iran et la Palestine.

La naissance de l’Etat d’Israël est l’évènement marquant des années 1945-1948. L’origine de cette naissance vient d’une revendication de la fin du XIXème siècle. Un journaliste Juif Théodore Herzl, à l’époque du nationalisme triomphant, met en avant l’idée d’un nationalisme juif dont l’aboutissement serait la reconquête de la Terre promise. C’est le Sionisme . En 1917, l’Empire britannique, alors en guerre contre l’Empire Ottoman, allié de l’Empire allemand réveille le nationalisme Arabe en soutenant l’action du fameux Lawrence d’Arabie, mais par la déclaration Balfour promet au monde Juif la restitution de la Palestine à l’époque dans la souveraineté ottomane. Le but étant d’obtenir des financements du capitalisme juif pour soutenir l’effort de guerre. Ce faisant, les Britanniques mettent en action les deux forces contradictoires du XXème siècle. Or la Grande Guerre terminée, les britanniques installent un mandat sur la Palestine arguant du fait que la population juive n’est pas suffisante pour constituer un Etat viable. L’Entre deux Guerres verra une accélération du mouvement migratoire juif vers la Palestine. Les Kibboutzim seront un des aspects de ce mouvement de population qui s’effectue dans le cadre de la domination britannique.

La fin de la seconde guerre mondiale change la donne. La Shoah fait admettre à la communauté internationale la nécessité de créer un Etat refuge pour le peuple juif. La question de la PALESTINE ressurgit avec acuité. Cependant les Britanniques refusent. La guerre de libération commence sous la houlette de Ben Gourion (1886-1973). Les Anglais, débordés et peu soutenus par les Etats-Unis confient le dossier à l’ONU. Un plan de partage est mis en place en novembre 1947. D’emblée, les Etats Arabes rejettent l’idée de la création de ce nouvel Etat. Deux légitimités revendiquées vont s’opposer.

Pour les Juifs, l’Etat hébreux constitue la consécration d’un rêve deux fois millénaire. Jérusalem est la capitale de la TERRE PROMISE dont ils ont été chassés en 70 (ap JC) par l’empereur Trajan, après la chute de Massada et de l’ultime révolte juive. La légitimité d’Israël est religieuse et historique mais s’inscrit dans une histoire longue.

Pour les Arabes, les grandes puissances ont réglé leur mauvaise conscience sur le dos des autres. Le peuple palestinien occupant cette terre depuis près de 2000 ans a été chassé sans même avoir été consulté. Pourtant la ligue arabe réunie au Caire en 1945, avait clairement annoncé son refus de cet Etat.

Au-delà de ces réalités, la naissance de l’Etat d’Israël est aussi perçue comme l’intrusion du monde occidental dans le monde oriental et compris comme un néocolonialisme. La naissance de l’Etat d’Israël consacre l’idée que la légitimité historico-religieuse est supérieure à la légitimité géographique ; allant au-delà du droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes en bafouant la souveraineté des Etats Arabes et le peuple palestinien. C’est le cœur blessé de l’Islam. Il y a nécessité à accepter cette réalité sans pour autant prôner le rejet d’Israël.

Dès le 15 mai 1948, la guerre est inévitable. L’ensemble des Etats Arabes attaque Israël. Cette guerre tourne à l’avantage d’Israël soutenu par des « volontaires américains ». A la convention de Rhodes de février à juillet 1949. L’Etat palestinien prévu par le plan de partage de novembre 1947 disparaît au profit des Etats Arabes et d’Israël. La Cisjordanie passe à la Jordanie, la bande de Gaza à l’Egypte tandis que la Galilée agrandit le territoire Israélien originel. Le problème palestinien commence.

Que dire aujourd’hui du rôle de la Turquie ?

Du rôle de l’Europe…

Comment peut-on affirmer qu’une légitimité est supérieure à une autre ?

 A suivre…

Christian Lambart Délégué départemental Aube
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