Ce que veut le MODEM pour l’Europe

Le dimanche 8 juin 2008, le MODEM organisait la Convention sur l’Europe à la Maison de la Chimie à PARIS.
Historiens, économistes, députés européens du Mouvement Démocrate étaient présents aux côtés de Marielle de SARNEZ, Présidente de la délégation au Parlement européen.
Deux évènements majeurs à venir méritaient que notre parti se mobilise autour des questions touchant à l’Europe : les élections européennes sont proches et la présidence tournante de l’Union européenne revient à la France début juillet.
Mais à quelques jours du vote sur le traité de Lisbonne par les Irlandais, la presse internationale souligne « l’inquiétude (qui) gagne les Vingt-Sept » : car les craintes sont grandes d’un vote irlandais négatif qui anéantirait les efforts entrepris pour la mise en
œuvre des réformes institutionnelles au niveau de l’Europe. Et pourtant, comme l’a souligné Jean Marie BEAUPUY, l’Irlande doit sa croissance actuelle à son adhésion à l’Europe !
Dans ce contexte, l’euroscepticisme n’étant pas dans la ligne du MODEM, les différents intervenants invités à la Maison de la Chimie ont tenté de répondre à deux questions :
Quelle Europe voulons-nous au MODEM? Quel projet pour l’Europe les Démocrates veulent-ils porter?
Dans une actualité internationale morose qui souligne chaque jour davantage l’accroissement des inégalités liées à la mondialisation, ces questions dépassent les simples questions partisanes. La crise de l’immobilier, l’augmentation du prix des carburants, la raréfaction des denrées de première nécessité qui conduit à la famine et à la révolte des millions de personnes dans le monde rendent insupportables les primes et salaires médiatisés de quelques privilégiés qui s’enrichissent au détriment des plus pauvres.
Car s’il est vrai que le pouvoir d’achat moyen est en augmentation comme l’a souligné Jean PEYRELEVADE, l’écart se creuse de façon scandaleuse entre les revenus des plus riches et ceux des plus pauvres. Le pouvoir d’achat est capté par les plus favorisés ! Dans les pays en voie de développement, au Sri Lanka, en Haïti, au Mexique … la crise alimentaire est là, les populations meurent de faim et la révolte gronde. Le dernier numéro de « Marianne » est à cet égard particulièrement instructif. « Jean ZIEGLER, ancien rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, n’hésite pas à parler de « crime contre l’humanité »
En Europe, si la crise est moins prégnante, les inégalités se creusent également, on le constate chaque jour. La tentation du repli national est alors très forte. C’est ce qu’Emmanuel TODD, historien, a souligné lorsqu’il a affirmé que « la concurrence déloyale sociale et environnementale justifie le protectionnisme ».
Mais le protectionnisme est-il la bonne réponse à la crise actuelle? Les Démocrates peuvent-ils se satisfaire d’une Europe qui s’accommoderait d’enrichissement pour les uns et d’appauvrissement pour les autres pourvu que le processus ne les concerne que de loin? Assurément non !
Eva JOLY, juge et conseiller spécial anticorruption et anti blanchîment, a dessiné des pistes de réflexion qui lui ont valu une standing ovation de l’ensemble des adhérents présents. Car avec elle, on ne peut que revendiquer la création d’une justice pénale européenne permettant de faire aboutir les procès sur des suspicions de corruption. Avec elle, on ne peut que s’offusquer du soutien apporté par certains chefs d’Etat occidentaux à des gouvernements illégitimes africains qui volent leurs peuples… Avec elle, on ne peut qu’exiger le strict respect des droits de l’homme que les pays riches ont allègrement bafoués en pillant les ressources de certains pays d’Afrique afin de financer leur propre développement.
Organiser une Europe qui porte les valeurs que nous défendons est pour nous l’unique réponse possible face à la crise actuelle.
Que proposent les Démocrates ?
Pour nous, l’Europe doit être indépendante et forte pour être influente et capable de peser sur un ordre mondial.
Elle doit respecter les normes environnementales et sociales dans le cadre de l’organisation mondiale du commerce.
Elle doit régler en son sein le problème de la corruption et des paradis fiscaux.
Elle doit travailler à l’auto suffisance de tous les pays, notamment d’Afrique.
Elle doit affirmer son exigence de démocratie et de respect des droits de l’homme.
Mais dans son discours de clôture, François BAYROU a aussi réaffirmé la nécessité d’une Europe dans laquelle « les institutions auront vocation à définir une politique partagée et non la concurrence ». Une Europe qui laisse à chaque Etat son identité car l’Europe doit être « la défense et le non le nivellement des identités ». Une Europe « qui additionne les diplomaties nationales pour une diplomatie européenne concertée ». Une Europe enfin qui ne soit pas là pour « défendre la globalisation pour les Européens mais pour défendre les Européens dans la globalisation ».
Les Démocrates porteront donc le projet exigeant d’une Europe sociale visant une croissance qualitative et durable, s’affirmant contre les lois de la spéculation, et respectueuse des droits de l’homme et de l’identité des Etats.
Les adhérents et sympathisants du MODEM ne pourront que se retrouver dans ce projet là !
Marie GRAFTEAUX-PAILLARD
Vice Présidente du MODEM aube