Pour en finir avec le manichéisme gaucho-sarkozyste - de Serge Faubert
tord le cou à bien des idées reçues. Tant du côté de l’ultra –gauche que du pouvoir.
Qu’apprend-on? Que 78% des Français attribuent les incidents de banlieue d’abord au « contrôle insuffisant des parents sur leurs enfants ». Autrement dit, pour l’opinion, il y a, à la racine des incivilités comme des émeutes, un déficit d’autorité parentale.
On est loin, très loin, des fantasmagories véhiculées par une certaine extrême-gauche. Celle qui, à la suite de l’universitaire d’Alain Badiou
, son nouveau maître à penser, n’hésite pas à affirmer que la France, avec Nicolas Sarkozy, a replongé dans le pétainisme.
Pourtant, nul déferlement de racisme, nulle incrimination de la religion dans la perception, par l’opinion, des évènements de Villiers-le-Bel. L’immigration n’est mise en cause que par 35% des Français. Et encore ce facteur vient-il en quatrième position.
Auparavant, les Français pointent "le chômage et la précarité" (53%) et "l’insuffisance des poursuites judiciaires contre les délinquants".
Où est donc le pétainisme dans tout ça ? Où est donc cette France veule et collaborationniste que le manichéisme militant, pour ne pas dire la schizophrénie, se complaît à décrire ?
Ce sont des comportements individuels qui sont mis en cause. L’attitude que chaque père - ou chaque mère – devrait avoir avec ses gamins. En gros, nous disent les Français, si les parents tenaient leurs enfants – et donc ne les laissaient pas traîner dehors – il n’y aurait pas d’incidents.
Cette enquête est également une sacrée pierre dans le jardin de Nicolas Sarkozy – on ne s’en étonnera pas outre mesure tant le manichéisme gauchiste et la rhétorique présidentielle se nourrissent mutuellement. Pour le président, ainsi que je l’ai souligné dans un précédent billet, « Quand on commence à expliquer l’inexplicable, c’est qu’on s’apprête à excuser l’inexcusable ».
Pas de bol, les Français n’excusent absolument pas les émeutes – c’est même pour cette raison qu’ils ont, en partie, voté pour Nicolas Sarkozy -, mais ne renoncent pas à comprendre et avancent une batterie d’explications. L’opinion serait-elle plus clairvoyante que le chef de l’Etat ?
Elle se montre en tout cas plus circonspecte. Ils sont 67% à faire confiance d’abord aux élus locaux pour que les choses s’améliorent en banlieue. Nicolas Sarkozy est à dix points derrière (57%). Autrement dit, les Français ne réclament pas l’armée dans les rues, ni même les CRS. Se gardant de toute généralisation, forcément réductrice, ils privilégient la proximité, le cas par cas. Parce qu’il connaît le terrain, parce qu’il est capable d’apporter la réponse la plus adaptée, parce qu’il est présent au quotidien, l’élu local reste l’interlocuteur privilégié.
C’est une bonne nouvelle. Car en fin de compte, les Français estiment que la solution est à portée de la main. En l’occurrence la taloche paternelle qui devrait ramener plus souvent les gamins à la raison. Le respect de l’autorité familiale précède et prépare le respect de la société et de ses institutions.
Oui, les chantres de la guerre civile vont être déçus. Tant mieux.
source: Ca grince, de Serge Faubert