Le TELEGRAMME - "L'UDF-Modem est libre et autonome"

Publié le par Soutien citoyen au Mouvement Démocrate (site non officiel)

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Marielle de Sarnez. "L'UDF-Modem est libre et autonome"

Marielle de Sarnez, députée européen, est le premier lieutenant de François Bayrou. Au bout des cent premiers jours de Nicolas Sarkozy, elle porte un premier jugement sur cette période d’effervescence présidentielle et définit la nouvelle stratégie de l’UDF-MoDem, une formation forte des 18,57 % de son leader, mais réduite, à l’Assemblée nationale, à la portion congrue.
 
Quel regard portez-vous sur les premiers mois de la présidence Sarkozy ?
 
 On constate d’abord un changement de style. Il s’agit d’une rupture inévitable dans la mesure où une nouvelle génération accède au pouvoir. Le président développe beaucoup d’activités sur beaucoup de fronts. Le temps dira si tout cela est de nature à résoudre les questions qui se posent à la France. Je pense en particulier à la dette et au déficit.
 
A propos de ce nouveau style, diriez-vous que cela relève de la modernité ou plutôt de la communication ?
 
Les deux. C’est plus moderne dans la mesure où le nouveau style présidentiel est plus détendu, moins figé et moins formel. En même temps, il y a un souci évident de communication. Lui-même ne le nierait sans doute pas.
 
Etes-vous satisfaite de la façon dont Nicolas Sarkozy aborde les dossiers européens qui tiennent tant au cœur de votre famille politique ?
 
Le président a repris l’idée du traité simplifié qui était la nôtre depuis longtemps. J’ai toutefois une inquiétude : que ce traité dit simplifié soit en réalité un travail de juristes beaucoup plus compliqué et illisible que le précédent. Attendons le texte pour nous prononcer. J’espère que les avancées démocratiques du projet de Constitution seront sauvegardées. Mais je constate déjà, avec un profond regret, que les symboles de l’Union européenne - l’hymne à la joie, le drapeau et la journée de l’Europe - sont passés à la trappe.
 
Nicolas Sarkozy est en passe de réaliser l’ouverture que François Bayrou appelait de ses vœux. Cela vous gêne-t-il ?
 
 Non. Je note simplement que, quand François Bayrou défendait cette idée au cours de sa campagne présidentielle, le candidat Sarkozy n’avait pas de mots assez durs pour la combattre. Il expliquait alors que la volonté de faire travailler ensemble les meilleurs, à quelque bord qu’ils appartiennent, était une idée antidémocratique. Cette idée, il l’a finalement reprise à son compte. Ainsi va la politique ! Mais ce qui m’étonnera toujours, c’est de voir des gens se rallier sans même avoir une discussion préalable sur le fond du projet politique... Comme si les idées n’avaient pour eux aucune importance !
 
La commission Balladur est désormais en place. La présence dans cette commission de deux centristes (Jean-Louis Bourlanges et Jean-Claude Casanova) est-elle de nature à vous rassurer ?
 
 Ce sont deux personnalités de qualité. Et la composition de la commission nous satisfait. Mais la question est de savoir si tout cela est fait pour faire semblant ou si Nicolas Sarkozy veut vraiment que la France devienne une démocratie exemplaire. Nous jugerons donc aux faits et aux actes. Pour que la France devienne une démocratie exemplaire, il faut des contre-pouvoirs et un Parlement fort. Pour cela, il faut et il suffit que tous les grands courants du pays soient représentés. Ainsi, les parlementaires rempliront leur mandat librement et ne seront pas soumis comme ils le sont aujourd’hui.
 
Malgré les sept millions de suffrages obtenus par François Bayrou, l’UDF-MoDem, aujourd’hui, c’est seulement quatre députés. Quelle est la situation de votre formation sur le terrain ?
 
Plus de 50.000 personnes ont d’ores et déjà adhéré en quelques semaines. Ce sont, pour la plupart, des gens jeunes, qui ne croyaient pas ou plus à la politique. Ils se retrouvent dans les propositions formulées par François Bayrou et l’idée qu’il faut, en France, rénover profondément l’action politique. Ce qui est formidable, c’est qu’il s’agit d’une nouvelle génération. Il nous appartient désormais de prendre en compte leurs exigences et de savoir utiliser leurs capacités et leur engagement.
 
François Bayrou n’a-t-il pas commis des erreurs de positionnement entre les deux tours ?
 
François Bayrou a choisi de garder sa liberté en ne se rangeant pas dans la majorité présidentielle. On verra à l’avenir que cette liberté sera utile parrce qu’elle sera toujours mise au service de l’intérêt général. Chaque fois que cela sera justifié, il soutiendra l’action du gouvernement et du président de la République. Et il aura la latitude nécessaire pour défendre ses idées, ses valeurs, et les Français.
 
La prochaine échéance électorale sera celle des municipales de mars prochain. Quelles sont les espérances de l’UDF-MoDem et quelles alliances passerez-vous à cette occasion ?
 
 Nous avons vocation à présenter des candidats dans la plupart des communes de France. Cela dit, tout le monde sait que les élections municipales impliquent des contrats de partenariat et que l’on ne dirige pas une ville, seul. Nous passerons donc des contrats de partenariat. La seule question qui se pose est de savoir s’il y aura les mêmes partenariats dans toutes les communes ou s’il sera possible de conclure des partenariats différents en fonction des projets et des hommes. L’UDF-MoDem est une formation libre, indépendante et autonome. Nos partenariats devraient pouvoir tenir compte des situations locales, des projets et des personnalités.
 
Propos recueillis par Philippe Reinhard
source  LE TELEGRAMME .COM

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Publié dans Dans les média

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